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Entretien avec Pierre Wolsen

P.W. : Vous pratiquez en alternance peinture, sculpture et installations. Je crois que les peintures sont, chronologiquement, les premières ?

H.L. : Oui. Certaines remontent au XXè siècle, elles combinaient peinture figurative à la laque brillante, slogans, lumières et reliefs de matière (croûtes de laque séchée, ciment, objets agrégés). Les différentes séries, souterrains du métro, périph’ parisien, portraits d’hommes, décrivaient un univers à la fois commun et très personnel.

P.W. : Les paysages sont souvent désolés, même s’ils sont envahis de signes. Ils offrent pourtant matière à réconfort (dans les tunnels sombres clignotent des feux), voire matière à rire, car les mots jetés frontalement au spectateur appellent, avertissent, invectivent - l’humour est très présent, ce qui est un parti pris audacieux en peinture !

H.L. : Depuis plusieurs années j'ai privilégié le travail en volume, sculptures et installations. Mais je renoue régulièrement avec la peinture (désormais des compositions organiques ou abstraites), peut-être pour renifler à nouveau les parfums puissants de la laque glycéro, des solvants, du white spirit. Et renouer avec la cuisine des épaisseurs, à base de ciment, joint-carrelage, mousse expansive, colle. 

P.W. : Vos sculptures, de même, arpentent une zone frontalière, elles ne sont ni totalement figuratives ni totalement abstraites.

H.L. : La composition en volume m’a apporté plus de liberté d’expression, avec le déploiement des matériaux et des lumières dans un espace en trois dimensions. Dans les sculptures sous plexiglas, tout est montré, tout est visible, transformateurs d’alimentation, cartes électroniques, fils électriques. L’utile et le leurre s’étayent mutuellement dans la construction.

P.W. : La structure est rythmée par les ampoules, alignées en sentinelles, surlignant les axes de métal, ou traçant des passages dans le foisonnement des éléments. Les cycles de lumière se déroulent en chorégraphie. Ces « petites cosmogonies portatives » ont aussi une vie lorsque les leds et lampes sont éteintes. L’ossature est là, la scène est en attente. Cela vaut aussi dans vos installations. 

H.L. : Il est arrivé, logiquement, un moment où les compositions sont sorties du plexiglas pour se muer en installations, in situ, dans un cadre plus vaste ; les visiteurs sont arfois invités à y pénétrer, comme dans l'exposition de Vitry en 2015. Cela correspond aussi à une pratique différente pour moi car c'est un processus de production particulier. J’aime et je crains à la fois ces opérations commando, avec la fébrilité du passage au réel, en temps limité, après les ébauches et les conjectures à l’atelier. Une des premières réalisations a été Installation de novembre en 2011 (Moments artistiques, Paris), un nuage de fils d’aluminium tendus à l’échelle d’une pièce de 15 mètres carrés, striés par des traits de lumière, en phase avec des sons de foudre et d’orage. Les Hypothèses provisoires successives sont des établis d’alchimiste, qui associent lumières, fumée et fioles de verre (2014, 2015, 2017). J'exploite aussi les sculptures existantes (cubes sous plexiglas) dans une démarche combinatoire, en les traitant comme éléments d'un tout (empilées dans Cumul en 2013, arrimées dans Arrimages en 2014, etc. 

P.W. : Et maintenant ?

H.L. :  Je suis en résidence pour une année au CEA-Saclay, haut lieu de la recherche scientifique française. Je travaille sur place, dans un lieu chargé de passé scientifique. Je rencontre chercheurs, ingénieurs, techniciens, qui m'offrent des matériaux et objets, qui me font découvrir, dans leurs ateliers et laboratoires où sont produits des dispositifs techniques servant aux expérimentations, des machines, des techniques, des savoir-faire qui me sont peu familiers. Les sources d’inspiration foisonnent également dans les propos des scientifiques.  C'est un univers étranger, il me semble que j'explore une contrée lointaine, à une heure de route de mon propre pays... 

 

TEXTES ET COMMENTAIRES


Revue de presse

  • 2011, L’Attacco, « La « Corrente » lirica di Hélène Launois »
  • 2011, Cityvox, « La fée électricité »
  • 2010, Art actuel, « H.Launois, lauréate des Urban Art Box à Saint-Germain des Prés »
  • 2010, Inside Art (Italie), « Les lumières »
  • 2008, Elle Decor Italia, « A Roma »
  • 2005, Arts Magazine n°2, « Elle fait parler les rues »
  • 2003, Journal des Arts n°165, reproduction de « Méfiez-vous des revendeurs »
  • 2003, Le Nouvel Observateur, « Paris en peintures et en 220 »
  • 1999, Art actuel, « Art du temps dans l’air du temps »
     
  • 2008, Reportages TV, RTS et Canal Plus Horizon (Sénégal) 
  • 2005, participation à l’émission « Nouveaux Talents », Direct 8
 

 

Credits photos

photos : M.Cirès Brigand, Z.Ducournau, L.Grivet, N.Pfeiffer, S.Decré, Y.Géant, J.Isnard, H.Launois, V. Sibille, A.Verger / vidéo : S.Solaro